Il faut que l’histoire soit connue pour ne pas nous laisser raconter des histoires.

Éditorial : À mon avis.

Il faut que l’histoire soit connue pour ne pas nous laisser raconter des histoires.

Le président Houphouët-Boigny disait que l’histoire est un témoignage. Et c’est vrai. Quand elle est belle, il faut qu’elle soit sue. Quand elle est triste aussi.

L’important, il faut qu’elle révèle la vérité. J’entends beaucoup de choses se dire sur notre pays et  sur les personnages d’hier qui l’ont bâti et ceux d’aujourd’hui qui le bâtissent nuit et jour.

Beaucoup parmi les plus méritants, célèbres dans leur domaine d’activité, passeront inaperçus. Tout simplement parce que loin du regard de l’opinion. C’est ainsi que des célébrités dans l’enseignement, par exemple dans l’armée, chez les eaux et forêts et bien d’autres corps de métier sont peu connus ou pas du tout de leurs compatriotes. Les hommes et les femmes politiques, les sportifs de haut niveau, les artistes et  d’autres encore en relation ouverte avec le public seront élevés dans notre panthéon national, ⁸et on parlera deux.

De l’histoire de la Côte d’Ivoire et de ses leaders on entend bien de choses, parfois loin de la vérité.

Ainsi, dans certains milieux, l’on dit que Houphouët-Boigny est un infirmier et non un médecin, et aussi que Konan Bédié est son fils biologique. L’on traite  l’histoire de l’immigration en Côte d’Ivoire mais sans jamais expliquer comment certaines communautés ont été déportées en territoire ivoirien avant l’indépendance.

Bref, nous avons choisi pour notre part de célébrer l’histoire dans sa nudité qui fait sa beauté et son élégance.

En 2008  je m’étais engagé à recueillir les témoignages des personnalités qui acceptent de me raconter leur parcours dans la construction de la Côte d’Ivoire.

Quand, dans la joie, j’ai été reçu par l’illustre écrivain et ministre Bernard Binlin Dadié, il m’a dit :

<< Georges, je vais partager avec toi le conseil que le président Houphouët-Boigny m’a donné en 1974, quand en ma qualité de ministre de la culture j’ai initié ce travail que tu es en train de faire>>.

Il m’a dit : << c’est bien les témoignages, mais saches que bien souvent les hommes en rajoutent un peu trop sur ce qu’ils savent.

Certains affirment aisément leurs déductions pour lui accorder une authenticité>>.

Je lui ai répondu que ce qu’il dit est vrai et que je venais de quitter un doyen qui a affirmé qu’on a affublé du titre de médecin Houphouët-Boigny qui n’était qu’un infirmier, pour faire bonne impression

car c’est lui  qui allait conduire le pays à l’indépendance. J’ai  alors rétorqué à ce doyen qu’il ne répète plus son affirmation à quelqu’un d’autre car j’ai vu des documents concernant le séjour de sept années d’études en médecine de Félix Houphouët-Boigny à William ponty. J’ai trouvé ces documents dans les archives de l’AOF à Dakar, au Sénégal.

Et depuis, pour le chercheur indépendant que je suis, j’ai retenu cette leçon qu’il ne faut jamais rapporter un témoignage oral sans moyen de vérification.

Nous allons nous engager à vous aider à vous approprier l’histoire de la Côte d’Ivoire et de ses leaders  anciens ou nouveaux, disparus ou vivants.

Quelques thèmes dont les témoignages sur les faux complots de 1963 sont douloureux et même révoltants, mais c’est notre histoire et elle doit être connue comme l’a dit le médecin ministre Amadou Koné, arrêté le 12 janvier 1963 et  1er ondamné à mort lors du des procès des accusés.

Il y a aussi ces autres personnalités, aux premières loges de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Dans ce chapitre, nous avons choisi d’aller à la rencontre du parrain, le père, le mentor de Félix Houphouët-Boigny.
Celui qui a choisi Houphouët, le jeune médecin, planteur et chef de canton pour diriger le  syndicat agricole africain en 1944.
J’ai nommé feu Gabriel DADIÉ,  le 1er ivoirien naturalisé français en 1922.

Dans nos documentaires, nous parlerons aussi de la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui et nous ouvrirons les portes du futur pour la jeunesse avec des thématiques bien choisies.

Pour commencer, nous proposons la diffusion du film hommage que nous avons réalisé sur feu Henri Konan Bédié après son décès le 1er août 2023. D’autres documentaires biographiques suivront pour le confort de notre culture à tous.

K. Georges AMANI
Directeur de la publication.