[Edito] Lettre ouverte à son Excellence Monsieur  le président Alassane Ouattara à propos de la dissolution de la CEI

Monsieur le président, faites-nous ça maintenant s’il vous plaît.

Monsieur le président, à l’âge de grand père que vous êtes, on peut se permettre de s’accorder des tolérances, tel le contournement des circonlocutions consacrées à votre fonction.

Allons donc droit au but, même si ma lettre ouverte a l’allure d’une supplique. Et c’en est une.

En effet, depuis sa création en l’an 2000, je n’ai pas cessé de dénoncer cet instrument, ou plutôt, ce support électoral, la trouvaille ou le sésame des années des conférences nationales.

Pour ma part, il fallait laisser l’organisation des élections et la proclamation des résultats au ministère de l’intérieur et y apporter les réformes telles un garde-fou qui requière l’assentiment de tous les acteurs impliqués dans la compétition. Je crois avoir publié à l’époque un article dans ce sens, mais je n’ai pas été entendu.

Bien avant, en 1991, au moment de la modification de l’article 11 de la Constitution instaurant le dauphinat à la succession à la tête de la République, j’avais déploré ce schéma en suggérant un mécanisme démocratique mieux élaboré. Une opinion que j’ai payée très très cher jusqu’aujourd’hui.

Je ne dépose pas la plume pour autant,

surtout que les faits m’ont donné raison si je m’en tiens à la décision prise en Conseil des ministres ce mercredi 6 mai 2026.

Vous avez dissout la Commission électorale indépendante que beaucoup d’ivoiriens accusent d’être à la base des violences enregistrées à chaque élection.

Ainsi, monsieur le président,  j’en appelle à votre profession de foi, celle de ne faire que ce qui est bien pour la Côte d’Ivoire et les ivoiriens.

En tout cas, le rite de la prestation de serment vous le concède. Veuillez donc extirper ce sort maléfique par cette simple procédure que je vous propose et qui a le mérite salvateur des phrases simples et concises.

Ramenez l’organisation des élections au ministère de l’intérieur et les hauts administrateurs que sont les préfets et les sous-préfets. Il vous faudra faire les réformes qui s’imposent, lesquelles, non seulement prendront en ferait compte les résultats chauds des dépouillements des bureaux de vote, mais que la proclamation en ferait foi immédiatement.

Monsieur le Président, vous le savez mieux que moi ; le rêve de tout homme politique est de marquer l’histoire de son pays. Si vous nous offrez cette réforme, ce sera dans les profondeurs de notre panthéon national qu’il sera écrit en lettres dorées : Grâce à Alassane Ouattara, les élections,  en Côte d’Ivoire, sont devenues une compétition de fair-play dans la pure tradition des Promoteurs des jeux olympiques.
Voilà ça Monsieur le président de la République.

Kra Georges AMANI
Directeur de la publication.