[Paquinou] Le printemps Paquinou souffle sur le pays baoulé avec toutes sortes de préjugés

Le printemps Paquinou souffle sur le pays baoulé avec toutes sortes de préjugés.

En Côte d’Ivoire, c’est connu, la communauté Baoulé a fait du week-end Pascal l’occasion d’une sorte de pèlerinage pour un retour aux sources, notamment au village.

C’est aussi un moment de retrouvailles pour les membres d’une famille et d’un village et la ferveur et la joie qui en découle s’est imposé à chaque baoulé comme un rendez-vous à ne pas manquer.

Ainsi les travailleurs en ville, les hauts cadres, les cadres moyens, les aux employés de bureau, les manœuvres, les servantes, les planteurs migrés en zone forestière, les élèves et étudiants effectuent avec joie le déplacement.

Les planteurs migrés en zone forestière ne sont pas en reste de ce rendez-vous.

Dans les villages, les populations attendent, joyeuses et prêtes pour accueillir leurs enfants, leurs frères et sœurs pour la circonstance.

À Abidjan, et presque partout dans le pays, le jeudi et le vendredi, les gars des cars de transports interurbains vivent une ambiance de ferveur mais aussi du stress qui s’installe pour cause de retard des véhicules.

Dans tous les villages, le programme du séjour est le même. Soirée dansante, réunion des ressortissants du village au sein de la mutuelle de développement du village pour parler des investissements à réaliser. Apres les réunions, place est laissée aux manifestations culturelles et sportives.

Paquinou, c’est aussi la bonne bouffe, et bien entendu la beuverie

Dis ainsi, on décrit paquinou mais il faut être baoulé  pour en saisir le sens caché, car c’est un grand moment de ferveur où on rencontre des fils et filles du village, jeunes et adultes qu’on ne connaissait pas. Et donc on se lie d’amitié et cela renforce la Fraternité villageoise qui fonde parfois des couples.

Et c’est là que naissent parfois les préjugés et les suspicions dans les couples quand le conjoint part seul en paquinou dans son village.

Ce qui est malheureusement bien souvent source d’incompréhension et de déséquilibre familial. Ce qui n’est pas une spécificité liée à cette fête.

Paquinou, c’est aussi une période de hantise chez les maîtresses de maison qui ont du mal à accorder la permission à leurs nounous baoulé.

D’ailleurs celle-ci, même sans permission s’arrangeront toujours pour aller fêter quitte à perdre leur emploi.

Certains observateurs  peu avertis se fondent sur quelques faits plus ou moins mineurs pour qualifier Paquinou de perversité et d’abus d’alcool.

Un regard bien réducteur que l’on porte ainsi sur cet important événement pour les Baoulé. Tisser des relations amoureuses au cours de cette période n’a en rien d’impudique . Le conjoint ou la conjointe qui va seul au village pour fêter ne pense pas forcément adultère.

Non calmez-vous messieurs et dames.  Paquinou c’est du sérieux. Et nous, les Baoulé, en améliorons le concept à chaque édition dans le but de redorer le blason de la  civilisation baoulé avec toutes ses vertus.

Kra Georges AMANI
Directeur de la publication.
Par ailleurs président de la Fédération des mutuelles villageoises de développement du grand centre.