Président Diomaye Faye, ce massacre concerne aussi la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger, le Burkina Faso…

Editorial : À mon avis

Président Diomaye Faye, ce massacre concerne aussi la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger, le Burkina Faso…

 

 

 

 

Le président sénégalais a reçu, le jeudi 17 octobre dernier, le Livre blanc des mains de la commission des experts chargés d’études sur le dossier du camp de Thiaroye.
Cette commission a été créée d’un commun accord entre la France et le Sénégal, dont Dakar était à la fois la capitale ainsi que celle des colonies de l’Afrique occidentale française.
On a ainsi baptisé << sénégalais >> tous les anciens combattants partis de ces colonies pour lutter aux côtés des forces militaires occidentales.
Aujourd’hui, combien d’ivoiriens, de burkinabé, de maliens, de nigériens, de guinéens savent-ils de quoi il s’agit en parlant du camp de Thiaroye ?
Ils doivent nombreux à ne pas en savoir grand-chose et c’est de façon superficielle que l’on en parle parfois dans certains milieux d’intellectuels.
Je voudrais donc ouvrir ici une page de ce triste dossier :
Après la fin de la deuxième guerre mondiale, les militaires d’Afrique noire francophone (Sénégalais, ivoiriens, guinéens, maliens dits soudanais français à l’époque, nigériens, burkinabé…) ont débarqué à Thiaroye, un camp militaire non loin de Dakar au Sénégal. C’était un site de transit pour eux, le temps de percevoir leur solde de démobilisation et regagner leur pays d’origine.

Photo d’affiche du film « Camp de Thiaroye » du cinéaste Sembène Ousmane

Ces vaillants soldats victorieux de la deuxième guerre mondiale y devraient passer quelques semaines
Dans la deuxième moitié du mois de novembre 1944, il leur est proposé des pécules dont le montant individuel est fortement en dessous de ce qui est payé à leurs camarades français blancs. Devant cette injustice les soldats africais refusent l’offre et protestent vigoureusement. Une réaction que les officiels français de Dakar vont considérer comme une insoumission.
Le 1er décembre suivant, ces braves soldats, ironiquement surnommés tirailleurs Sénégalais, sont froidement massacrés par leurs frères d’armes français au petit matin.
Combien et de quels pays étaient-ils  exactement ? Où et comment ont-ils été enterrés ? Voilà les questions auxquelles la commission cherche des réponses.
Vous savez maintenant dans ce petit récit au contenu immensément frustrant et révoltant,  ce que l’on peut considérer comme l’affaire du camp de Thiaroye qui a inspiré le cinéaste sénégalais Ousmane Sembène pour réaliser un film du même nom.
Pour bien des familles en Côte d’Ivoire, au Mali, en Guinée et autres, l’on a retenu que leurs ailleuils  sont morts à la guerre et c’est tout. Morts  sur les champs de tirs en France ? En Allemagne, en Pologne où en terre Africaine, loin de l’ennemi ?
Ce sont toutes ces interrogations et bien d’autres inconnues que la commission a eu à traiter.
Voilà pourquoi à mon avis, les autorités des pays que j’ai cités plus haut, doivent être impliquées dans le traitement de ce Livre blanc remis au président Sénégalais.
Pour ma part, notre publication va s’engager dans les démarches nécessaires pour en avoir connaissance et éventuellement réaliser un reportage sur le site à la date anniversaire le 1er décembre prochain.