Depuis zéro heure une minute ce 10 octobre 2025, la campagne électorale présidentielle a ouvert ses portes aux candidats.
La lecture du tableau des partants présente un état des lieux à la fois ordinaire et inédit.
Ordinaire parce que la Côte d’Ivoire est habituée aux élections présidentielles. Malheureusement depuis le pluralisme de candidatures intervenu à partir de 1990, chaque élection enregistre des violences et des morts.
Notamment en 1995 avec le <<boycott actif>> et ses conséquences, puis en 2000 et le summum en 2010 où la communauté internationale a dénombré 3000 morts. Pendant que l’opinion a espéré poursuivre l’accalmie de 2015, 2020 fût catastrophique sur plusieurs plans : j’y reviendrai dans un prochain papier sur les faiblesses du processus de la démocratisation en Côte d’Ivoire.
Bref, revenons en 2025.
Cette année encore, le peuple est au rendez-vous pour écouter et juger les propos des challengers et apprécier le bilan du président qui veut rempiler.
Parmi les challengers présentés ci-dessous sous la plume de notre collaborateur Sidney Kouamé, ils sont tous des néophytes parce qu’ils sont à leur première épreuve de candidature à l’élection présidentielle. Enfin, on peut y soustraire madame Lagou Henriette qui a fait son baptême de feux en 2015 sans grands effets.
En toute franchise, le vainqueur est presque connu et l’enjeu lui, est ailleurs.
Et c’est comment endiguer, voire disperser le nuage de violences qui survole le ciel ivoirien en écoutant le slogan du front commun du refus du quatrième mandat. Tout un programme !
Dans un tel décor qui présente le risque élevé d’affrontements au cours du processus et même au-delà, il est sage de s’empêcher de jouer les prophètes.
Concernant l’élection à proprement dite, les quatre challengers sont des « petits David » de la bible face à Goliath. Avec en moins le caractère divin. Ainsi, en tenant compte de cet aspect factuel, rien ne permet d’envisager la chute de Goliath.
Cet après-midi du vendredi 10 octobre déjà, le candidat Ouattara à déployé son arsenal à Abidjan, après le lancement de la campagne à Daloa, chef lieu du centre ouest de la Côte d’Ivoire.
Ainsi, près d’une cinquantaine de cars aux couleurs du RHDP, frappés du poster du candidat Alassane, ont traversé la ville d’Abidjan du nord au sud, offrant un hallucinant spectacle arrachant forcément l’admiration. On n’aura certainement pas les belles ambiances festives et civilisées.
À moins de me tromper, il serait difficile à un « petit David » de disposer de moyens financiers conséquents pour rivaliser avec ADO sur le chemin de l’exhibition. En d’autres temps, les candidats du PDCI-RDA, ou du FPI devenu PPA-CI, auraient pu offrir la contrebalance. Aujourd’hui, volontairement absents pour n’avoir pas voulu de « plan B » ou de « candidature de prudence », les deux leaders, Tidiane Thiam et Laurent Gbagbo sont considérés par certains analystes comme les complices du candidat Alassane Ouattara pour une victoire facile.
Du 10 au 23 octobre, ses directeurs de campagne vont parcourir le pays pour présenter et défendre son bilan de 15 ans de présidence. Un bilan qu’il qualifie d’inattaquable.
Quant à nos quatre « David », ils auront fait le pas qui conduit au tableau d’honneur de l’histoire de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire avec le mérite d’avoir remporté l’épreuve du parrainage, une utopie de la démocratie apparue dans le système en 1996 et malheureusement jamais dénoncée véritablement.
Tous diplômés d’études supérieures avec des expériences parfois bien au-delà de l’ordinaire, ils ont, chacun, une idée précise de l’épreuve : démolir les arguments du candidat Alassane Ouattara, convaincre les ivoiriens qu’ils sont capables de faire mieux et ainsi espérer enregistrer le maximum de voix le soir du 25 octobre afin d’avoir droit au fauteuil présidentiel du palais au plateau. Une gageure ! Sauf quand le chrétien surgit avec sa bible pour rappeler que David a vaincu Golhiat.










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