Félix Houphouët-Boigny, octobre 1905 –  octobre 2025 : Beaux et heureux souvenirs 120 ans après

Éditorial : À mon avis

Félix Houphouët-Boigny, octobre 1905 –  octobre 2025 :
Beaux et heureux souvenirs 120 ans après

Le 7 décembre 1993, le président Félix Houphouët-Boigny tirait sa révérence.
Né le 18 octobre 1905, il aurait eu 120 ans ce 18 octobre 2025.
En tant qu’homme  il a fait tant de choses qui méritent que l’on se souvienne de lui et qu’il soit magnifié cent vingt ans après ce jour de sa naissance.
Né sous le signe d’un « enfant de malheur » selon la mythologie baoulé akouê et n’zikpli de Didiévi,  il n’a eu la chance de vivre que grâce à sa mère. Car dans cette civilisation, un enfant de sexe masculin qui vient après deux naissances de sexe féminin est indésirable. C’est un « kindô », un enfant qui porte malheur. Il est aussitôt assassiné après l’accouchement. C’est ce qui explique que la mère N’dri kan ait fui  le foyer conjugal pour donner naissance à son fils dans sa famille à Yamoussoukro.
Cette parenthèse explique le vide qui a installé un mystère sur le père du président Houphouët-Boigny.
De sa pérégrination sur terre, les  actions positives de Félix Houphouët-Boigny prennent largement le dessus sur les contre-performances  et les échecs.
Major de la promotion des treize médecins sortis de l’école de médecine et de pharmacie Jules Cade de William ponty, dans  la banlieue de Dakar au Sénégal, en 1925 après 7 ans de formation, il a servi tour à tour à l’hôpital central d’Abidjan plateau, à Guiglo, Abengourou, Dimbokro et Toumodi avant de démissionner de l’administration en 1939 pour se consacrer à son statut de chef de canton.
Membre fondateur du syndicat agricole africain en 1944, il est le premier Député de Côte d’Ivoire en 1945 pour sièger à l’assemblée constituante française. Confirmé Député par la suite, il réalise sa promesse de campagne et envoie la première tranche d’enfants ivoiriens étudier en France métropolitaine. Il en sortira les premiers grands intellectuels dont des ingénieurs, des avocats des médecins et autres. C’est l’histoire des compagnons de l’aventure de 1946.
Ministre dans six gouvernements français et membres fondateur de la 5ème république française dont il est cosignataire des textes de la Constitution, Félix Houphouët-Boigny a dominé la scène politique ivoirienne africaine et mondiale.
Père de l’indépendance de la Côte d’Ivoire dont il sera président du 7 août 1960 au 7 décembre 1993, il a géré le pays comme un chef de famille. Mais dans le respect des règles du fonctionnement régalien de l’Etat.
Candidat unique jusqu’en 1990, il a toujours respecté le chronogramme constitutionnel qui consiste à organiser l’élection présidentielle tous les 5 ans au mois d’octobre. Le succès éclatant de sa politique économique et sociale
des 25 premières années de l’indépendance lui a valu l’affectueuse désignation de pére du miracle ivoirien. Et comme s’il voulait donner les instruments à ses compatriotes pour sauvegarder les réussites, il a laissé de multiples enregistrements thématiques :
Pour cultiver et entretenir la paix et la cohésion sociale,  il a proclamé que la paix, préalable à tout développement, doit se nourrir du dialogue, l’arme des forts.
À ce propos, il a recommandé et répété :
<< Quand votre frère claque la porte à la suite d’une dispute, évitez de fermer la porte à clé au coucher s’il n’est pas rentré. Sinon, s’il trouve la porte fermée, il ne reviendra plus>>.
Et d’ajouter : << même en politique, ayez du plaisir à battre vos adversaires, mais tàchez de ne pas les humilier >>.
Il y a tellement de choses à dire sur Félix Houphouët-Boigny pour justifier que chaque 18 octobre nous ramène de beaux et heureux souvenirs de lui.

Kra Georges AMANI
Directeur de la publication.